Toute la mécanique financière des marques marques grand public est basée sur un renouvellement accéléré et permanent des clubs des golfeurs, ce qui est, en fait, l’objectif inverse que se fixent les bons clubs makers ! Arrêtez, cette ronde infernale, et tout l’édifice s’écroule. Le sur mesure intégral est ainsi en opposition absolue avec le modèle économique des marques proposant des clubs standard.
Une autre raison, fait que le sur mesure n’est pas développé par les marques
traditionnelles :
de même que c’est le médecin qui recommande le médicament, c’est le club maker
qui recommande les composants, têtes, shafts, grips, à utiliser, et leurs
modalités d’assemblage, et non plus la marque. Et, comme pour les médicaments,
quand la molécule est la même, l’effet est le même, quel que soit l’emballage,
le cosmétique, et le prix. Ce qui compte alors, c’est la compétence de celui
qui rédige l’ordonnance. Ce qui compte aussi ce sont les méthodes de montage
des clubs. Un club maker sérieux va en effet régler l’équilibre, la longueur et
le lie de chaque club , ce qui est bien loin du montage en swing weight et
incrément constant de 0,50
inch entre chaque club pratiqué sur les clubs standard ou "fittés", tel qu’expliqué à la page, « swing weight, longueur, équilibre, et
production de masse ».
Mais sûrement, en dépit de l'artillerie lourde du marketing, se réveille la conscience des golfeurs, leurrés par tant de messages porteurs d’espoirs déçus leur promettant, entre autres, le graal du driver qui va toujours plus loin, ( de 11,89 m , cf « des vessies et des lanternes »), et toujours plus droit que droit, comme la célèbre lessive qui lave plus blanc que blanc.
Mais tous les moyens restent sont bons pour lutter contre ce virus du sur mesure qui tend malgré tout à se propager.
Au premier rang, bien sûr, les centaines de millions dépensés en une publicité qui prend en otage la presse professionnelle. Cette publicité ne sait d’ailleurs plus quels superlatifs trouver pour accélérer l’absorption des produits « nouveaux » par le marché et, à force de chercher des arguments qui n’en sont pas, finit par se contredire elle même. Ainsi pour ce driver qui va plus loin parce que, dit-on, son manche est plus long, sans aller toutefois plus loin que son frère jumeau dit « Tour » (c’est flatteur…), dont le shaft est plus court ! Ainsi pour cette marque qui propose une nouvelle version de ses fers qui font aller la balle à la fois plus haut, grâce, paraît-il , à une redisposition des masses, et… plus bas, grâce à une diminution des lofts… Ainsi, pour cette autre marque qui se veut plutôt "bons à très bons golfeurs" et qui déclare, dans sa publicité, que ses nouveaux clus permettent des trajectoires tout à la fois "plus hautes et plus pénétrantes"... Puis vient l’opinion discrètement distillée que les clubs sur mesure c’est bien, mais uniquement pour les très bon golfeurs, ce qui est exactement contraire à la réalité. En effet, le plus élémentaire effort intellectuel fera comprendre que le très bon golfeur, en raison même de ses capacités athlétiques et de son habileté, s’adaptera très vite à, à peu près, n’importe quel club de qualité raisonnable, et que c’est le golfeur moyen, voir débutant qui, lui, en tirera les plus grands, bénéfices immédiats de par plus d’adéquation et d’harmonie entre lui et ses clubs. Viennent enfin, depuis quelque temps, les gadgets tels que les clubs à vis, dont le soufflé est vite retombé, et autres drivers à shaft amovibles, pour ces derniers outils, intéressants, et utilisés depuis longtemps par les clubs makers pour rechercher le shaft le mieux adapté au golfeur, mais très discutables, et source de déconvenue lorsqu’il s’agit de les proposer à la vente sans autre précaution.
Qu’on ne conclue pas, cependant, de ce que nous disons ici que les clubs vendus en masse sont de qualité quelconque. Ces clubs sont, pour la plupart, intrinsèquement bons, voir excellents ( sous réserve toutefois d’une homogénéité parfois discutable des lofts notamment en raison des aléas liée aux grandes séries). Mais, golfeuses, golfeurs, qui avez lu cet article, vous l’aurez compris, ce qui compte, ce n’est pas la marque, ce n’est pas le modèle, ce n’est pas le marketing, ce n’est pas le prix des clubs que vous jouez, ce qui compte c’est leur adaptation aussi parfaite que possible à votre morphologie, à votre capacité sportive, à votre niveau golfique, à vos objectifs, et à votre swing, et cela , seul un club maker sérieux, qui ne vit que de sa réputation, peut vous l’assurer. Notre expérience de bientôt dix ans dans les métiers du golf est là pour en porter témoignage.
Dernière minute : Titleist vient de créer , aux USA, un service de "factory fitting" ( fitting d'usine). Cette prestation, moins complète que celle que nous effectuons, est facturée, pour une série, 500 dollars hors taxe.
http://www.fittingworks.com/TitleistandCobraFactoryFitting.aspx